15.07.2007

Le canon de midi...

Or donc, j'ai dit que je revenais à la musique mécanique mais seulement la semaine prochaine… Ce qui me reste donc un peu de temps pour vous parler de quelque chose d'insolite qui n'entre pas dans la catégorie de la musique mécanique : le canon de midi. Bon moi, les canons, c'est plutôt à onze heures…

Au début juin, vous le savez déjà, nous avons visité le Musée de l'horlogerie et de la musique mécanique d'Oberhofen au bord du lac de Thoune. Là-bas, je suis tombé (même pas mal...) sur un objet très intéressant que je ne connaissais pas :

 

"Canon de midi ne tonne qu'une fois mais tonne en l'honneur du Roy"

 

Mais laissons parler le site Worldtempus :

"Il est midi plein au jardin du Palais-Royal. Comme chaque jour, le canon du cadran solaire résonne alentour, avertissant le Tout-Paris que le soleil est au zénith. Nous sommes au XVIII e siècle, par une belle journée d'été.
A cette époque, la précision des horloges mécaniques laisse encore beaucoup à désirer. Elles peuvent avancer ou reculer de plusieurs minutes par jour. Si bien qu'il faut régulièrement les remettre à l'heure.

Détonation quotidienne

Conscient que le soleil reste le meilleur repère, un certain Rousseau, ingénieur en instrument de mathématique, invente en 1785 un nouveau genre de gnomon (un gnomon est le nom du plus simple cadran solaire : un bâton planté verticalement dans le sol, ou même encore plus simple l'homme lui-même. Il est connu depuis l'antiquité. L'heure peut se déterminer soit en fonction de la longueur de l'ombre, soit en fonction de son orientation). Muni d'un petit canon chargé de poudre et surmonté d'une loupe précisément orientée sur le passage du soleil au méridien, cet ingénieux système se déclenche grâce à la concentration des rayons solaires au travers de la lentille. Il permet ainsi, à qui l'entend, de régler sa montre. Celui aménagé sur la pelouse du Palais-Royal en était autrefois le plus célèbre exemple. Disparu en 1997, il fut installé par ordre du duc d'Orléans, le futur Philippe Egalité. Toutefois, le Musée d'histoire des sciences de Genève en conserve un autre dans ses vitrines. Mieux! D'ici à ce printemps, les promeneurs pourront à nouveau entendre, à proximité du parc et si le temps le permet, la détonation quotidienne d'un canon de midi! Il intégrera un parcours ponctué de divers instruments anciens, tels qu'un indicateur de paysage, un globe gnomonique, un graphomètre ou une station météorologique.

 

Sur le coup de midi, dans le jardin du Palais-Royal, à Paris:
'Dans ce jardin tout se rencontre
'Excepté l'ombrage des fleurs;
'Si l'on y dérègle ses moeurs,
'Du moins l'on y règle sa montre.'
Abbé Delisle

En suivant la course du soleil

Inventé par les Chaldéens trois mille ans avant Jésus-Christ, le cadran solaire est ensuite perfectionné par les Grecs. Dès le III e siècle av. J.-C., il se répand à Rome, où il devient plus facile à lire. A l'époque, il semble qu'un modèle ait été récupéré par les soldats romains, après une bataille navale engagée contre les Egyptiens. Ramené dans la capitale, il donne lieu à de nombreuses copies qui envahissent le monde latin. Or, il se trouve que la latitude locale ne correspond pas à celle du site moyen-oriental du cadran original. Si bien que, durant des décennies, les Romains vivront à l'heure des pharaons!
Bien plus tard, afin de lire facilement une heure juste, les astronomes du XVI e siècle font percer un trou dans la voûte des églises, traçant une méridienne graduée sur le sol ou contre une paroi. Une solution plus simple que celle consistant à dresser de grands obélisques, rehaussés d'un disque percé projetant au sol un rond de lumière au milieu d'une tache d'ombre. C'est de ce principe que provient l'idée de concentrer les rayons du soleil à travers une lentille et bouter ainsi le feu à de la poudre."

 

Bon ben, voilà ! Mais je vous ai quand même trouvé un canon dans la musique mécanique… Allez refaire un tour sur mon billet intitulé "Pan ! dans la tronche"...

Portez-vous bien !